Ezekiel 25:17

 

 

 

Zodiac

 

Une formidable série avec Claire Keim et Francis Huster en sous Jack Bauer qui luttent contre un Serial Killer diaboliquement intelligent, renvoyant John Doe aux pâquerettes. Réalisé par David Fincher ?

 

Ha ha. Après cette tentative d’humour absolument désopilante, voyons voir ce que vaut Zodiac, passionnante enquête sur l’un des Serial Killer les plus connus et insaisissables que les Etats-Unis n’aient jamais accouché. Et surtout une œuvre crépusculaire sur la fascination, limite psychotique, et sur l’échec d’une capture qui n’arrivera jamais.

Un film fondamentalement dépressif donc, aspect renforcé par les teintes et couleurs du film, baigné dans un esthétisme léché et une photo admirable, pour une réalisation étonnement sobre quand on connaît le bonhomme (même s’il ne peut s’empêcher quelques travellings fabuleux), à l’ambiance seventies délectable.

 

Le genre même du film, étouffant sur les indices, les témoignages est de nature à en rebuter quelques uns, mais la démonstration est suffisamment brillante pour ne pas lâcher le spectateur durant ce long périple à travers les années, Fincher tenant à analyser chaque partie du puzzle le plus méthodiquement possible et ne s’embarrassant pas de la durée du métrage final. On passe ainsi d’enquêteurs successifs à de nouvelles pistes et à de nombreux suspects potentiels. Si celui-ci n’a jamais été véritablement prouvé, le film donne clairement son avis (subtil) sur son identité. Au spectateur, qui dispose de quasi toutes les pièces de l’affaire, de faire son avis.

 

Zodiac est donc un exercice de style exemplaire, à la réalisation léchée et brillante, au scénario captivant et à l’interprétation bluffante. Mais à vouloir explorer l’enquête dans sa globalité, Fincher risque de faire un film au didactisme irritant. Dans tous les cas, le film reste une franche réussite.