

Sunshine
« You are the sunshine of my life, na na na… » Ca fleure bon le printemps, les gens qui content fleurette et l’amour rose bonbon ? Rien à voir. Le soleil de Danny Boyle est prétexte à un trip visuel déjanté, une exploration des tréfonds de l’homme et de la bonne vieille SF comme on en fait plus.
De là où certains tirent Armaggedon, Boyle offre aux spectateurs une plongée haletante et suffocante dans l’espace infini, bien loin d’un patriotisme putassier et des scènes au sentimentalisme gluant. Ici c’est rude, violent, glaçant.
L’espace est sans fond et pourtant l’on s’y sent comme dans la grotte de The Descent.
L’entame du film, au visuel grandiose entame sa déliquescence forcée pour mieux plonger ses personnages dans leurs derniers retranchements, tout en scandant l’ensemble d’une population humaine. Véritable étude sociologique, en plus d’un merveilleux film SF old school, Boyle examine au scalpel les choix de l’homme, ses actes, pour en arriver à un résultat jouissivement nihiliste, dans la lignée de la filmographie du bonhomme. Son cynisme traverse tout le métrage jusque dans ce final surprenant, exposant brillement d’un point de vue visuel la perdition de l’espèce humaine, mais d’autant plus intéressant thématiquement lorsque il retourne les situations pour exposer au final sa thèse incontestable : L’Homme est bel et bien un loup pour l’homme.
Au-delà de ces réflexions sur la nature humaine que n’auraient pas reniées d’autres grands pontes de la science fiction, Sunshine est un aussi un remarquable spectacle, incandescent, dérangeant, avec un visuel sous acide, soutenu par le talent de ses interprètes (même Chris Evans pour le coup).
La SF n’est pas morte. Vive la SF !