

Death Proof (Boulevard de la Mort)
Youpi tralàlà, le Tarantino nouveau est arrivé.
Enfin semi Tarantino, vu que Grindhouse est composé de deux films, réalisé également par son frangin de pelloche Rodriguez. Enfin pas chez nous où le Tarantino est étiré pour faire un vrai long métrage. Ce qu’il n’est pas à la base, vu que conçu comme deuxième programme.
Si vous aussi, vous avez mal à la tête, c’est normal, c’est l’effet Grindhouse, honteux plan marketing pour engranger le plus d’argent possible au détriment total de l’œuvre et du spectateur. Mais, forcément, on en a déjà vu de belles, et c’est pas demain que tout ça changera. En reste ce film donc, en version longue (très longue) et débarrassé de son petit copain et ses zombies.
Or, la solitude de ce petit film permet au spectateur de profiter pleinement d’une énorme baffe dans la gueule.
Car on a droit ici à un immense hommage aux films badass des 70’s, remplis de valkyries à moitiés nues, respirant la vengeance et l’huile de vidange, trucidant et baisant sur des mètres de pellicules, et ça, Tarantino l’a bien compris.
Bourré de références obscures dont il est le premier à railler (voir l’hilarant dialogue sur la carrière de Stuntman Mike), voire d’auto références à son cinéma (avec de savoureux clins d’oeils), le nouveau cru est un véritable plaidoyer, une vombrissante déclaration d’amour aux films de genre, un film déviant, borderline, jouissif, violent, au suspens haletant et proprement traumatisant.
Parce qu’il étire à l’extrême son style, le film s’adresse avant tout aux fans hardcores du cinéaste, aux bords de l’orgasme qu’ils seront devant les longs tunnels de dialogues, caractérisant jusqu’au plus anecdotique des personnages, mais permettant au final un attachement des plus sincères, là où la concurrence nous offre de la vulgaire chair à canon. La scène dite du mat est à ce titre un sacré choc. Si le maître ne délaisse pas encore sa violence grand guignol décomplexée, il surprend ici avec une violence froide limite spot de la sécurité routière, vite désamorcée par un rictus sadique ou un plan jouissif.
Jouissance, c’est ce qui caractérise au mieux le film, un immense bonheur, un pied monstrueux, bourré de scènes cultes, de plans incroyables, et une poursuite finale dantesque. C’est le cadeau de Tarantino aux cinéphages, et on aurait vraiment tort de se priver.