

4 Mois, Trois Semaines et 2 Jours
Palme d'or oblige, on se sent obligé, par un élan de cinéphilie inespéré, de tenter l'expérience du film, surtout qu'il est rare de voir dans sa petite salle de province une oeuvre sans images de synthèses, sans explosions, et qui plus est en version originale ! L'occasion ne risque pas de se reproduire, et on en profite pour ramener du monde. Qui pourront nous maudire plus tard.
Le film est froid, terne, suffocant. En détaillant point par point, avec force plans séquences inconfortable, la journée de calvaire pour un avortement interdit, le réalisateur place le spectateur au coeur de son histoire littéralement tétanisante. Pris aux tripes de façon viscérale, il tremble pour ces héroïnes, le malaise le gagnant peu à peu dans cette démonstration quasi sordide d'une réalité heureusement révolue. Si on peut reprocher au réalisateur un misérabilisme trop marqué et des tics d'auteurs estampillés "Palme d'or", l'expérience profondément choquante qu'il nous propose ici à la mérite de bousculer le spectateur, trop à l'aise dans sa torpeur estivale à base de gros robots et d'orges pétomanes. Et ça fait un bien fou de sortir de la salle avec un paquet d'émotions, mais en aucun cas le sourire aux lèvres.